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MAURITANIE : DES ASSOCIATIONS DE LUTTE CONTRE L'ESCLAVAGE EN MILIEU SONINKÉ ÉCRIVENT AU CHEF DE L'ÉTAT

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En Mauritanie, le CALCESMS (Collectif des Associations de Lutte Contre l’Esclavage et ses Séquelles en Milieu Soninké) a adressé aujourd’hui une lettre ouverte au président Ould Ghazouani. Dans cette lettre, le CALCESMS fait état « de milliers de Mauritaniens considérés comme des citoyens de second rang par les tenants d’un système féodalo-esclavagiste érigé en mode de vie et de gouvernance dans plusieurs villages au sein de la communautés Soninké en Mauritanie. » Lire l’intégralité de la lettre

Lettre ouverte Notre pays, la Mauritanie vient de franchir un important palier de son histoire en élisant, après une transition démocratique réussie, conformément aux dispositions de la constitution, un président civil à travers une élection présidentielle pacifique et transparente.

Suite à ce processus historique, nous, Collectif des Associations de Lutte Contre l’Esclavage et ses Séquelles en Milieu Soninké , saisissons cette ultime occasion pour féliciter le Président élu son excellence Mohamed ould Cheikh El Ghazouani et adresser nos meilleurs vœux au peuple Mauritanien tout entier.

Le Collectif des Associations de Lutte Contre l’Esclavage et ses Séquelles en Milieu Soninké tient par la présente note à affirmer solennellement son engagement pacifique pour la restauration de toute la DIGNITÉ HUMAINE, conformément à préceptes de notre sainte religion l’Islam, sans lequel toute politique de développement socio-économique serait vouée à l’échec.

MONSIEUR LE PRÉSIDENT,

Le Collectif des Associations de Lutte Contre l’Esclavage et ses Séquelles en Milieu Soninké vient par la présente note attirer votre auguste attention sur les conditions de vie de milliers de Mauritaniens considérés comme des citoyens de second rang par les tenants d’un système féodalo-esclavagiste érigé en mode de vie et de gouvernance dans plusieurs villages au sein de la communautés Soninké en Mauritanie. Encore à l’orée du 21ème siècle, l’esclavagisme social par ascendance fait partie du tissu sociétal soninké.

Face à cette situation, le Collectif des Associations de Lutte Contre l’Esclavage et ses Séquelles en Milieu Soninké qui regroupe des militants et des personnes de bonnes volontés issues de différents horizons s’engage à travailler en partenariat avec toutes les parties prenantes au premier votre gouvernement pour afin d’entreprendre les mesures pratiques et les réformes adéquates dans le but de permettre à ces nombreuses couches , jusque-là discriminées et marginalisées dans un silence absolu, de jouir de tous leurs droits et de pouvoir participer pleinement à l’œuvre de développement socio-économique de notre jeune nation.

Depuis bientôt 4 ans suite à notre engagement d’éveil pacifique pour l’égalité en Droits et en DIGNITÉ de tous les citoyens mauritaniens , nos membres ont subi diverses persécutions* (expropriations d’héritage, mise en quarantaine sociale, injures publiques et apologistes de l’esclavage, accusations mensongères et fallacieuses et d’autres traitements humiliants) de la part des réactionnaires tenant de l’ordre féodal dans la communauté Soninké.

Ce qui est absurde c’est que cette campagne est savamment orchestrée par des réseaux d’intellectuels féodaux qui occupent de hautes responsabilités dans les sphères de l’administration Mauritanienne ainsi que de ceux issus de la Diaspora alors qu’ils se présentent comme des défenseurs de droits humains.

Pour pallier cette situation, nous, Collectif des Associations de Lutte Contre l’Esclavage et ses Séquelles en Milieu Soninké, venons par la présente note soumettre à l’attention de votre haute considération les principales demandes citoyennes suivantes :

■ La réaffirmation et la proclamation de la volonté de l’état Mauritanien à travers une déclaration officielle lors d’une journée dite « de communion nationale et de pardon » pour tous les crimes de l’esclavage rappelant les dispositions contenues dans la loi relative à la criminalisation des pratiques de l’esclavage.

■ La prise en compte des préjudices causés par l’ordre féodalo-esclavagiste à travers une politique de « promotion spéciale » au niveau national des cadres issus de la communauté des Soninké marginalisés.

■ La primauté de l’état de droit à l’échelle étatique sur les régimes coutumiers source de discriminations et de ségrégations particulièrement la question d’accès des communautés à vocation rurale à la propriété foncière,

■ La prise en compte des communautés marginalisées des villages Soninkés dans les activités des programmes nationaux de développement notamment l’Agence Tadamoun et le Commissariat aux Droits de l’Homme

Dans le but de clarifier cette situation en vue d’une contribution républicaine effective à l’effort de construction nationale que vous avez entrepris à travers votre programme, le Collectif des Associations de Lutte Contre l’Esclavage et ses Séquelles en Milieu Soninké souhaite ardemment bénéficier d’une audience avec votre haute autorité

Nouakchott, 21 Août 2019
Le Collectif des Associations de Lutte Contre l’Esclavage et ses Séquelles en Milieu Soninké.